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HYPERSENSIBILITE CHIMIQUE MULTIPLE - MULTIPLE CHEMCAL SENSITIVITY

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Rapport périodique sur les hypersensibilités environnementales et les hypersensibilités chimiques multiples (HE, HCM) –
Progrès des connaissances, et lacunes des services actuels

Hypersensibilité chimique multiple  - Multi chemical sensitivity

En 1987, le Dr Mark Cullen attribua au phénomène le nom de MCS (multiple chimical sensitivity) et le définit comme “une affection acquise caractérisée par la répétition de symptômes touchant de multiples organes qui surviennent lors de l’exposition à diverses substances chimiques à des concentrations étant bien inférieures à celles connues pour entraîner des effets dans la population”.

L’hypersensibilité chimique multiple est un syndrome très peu connu en France. Il a tout d’abord été identifié aux Etats Unis et dénommé Multi Chemical Sensitivity(MCS). No peut considérer qu’elle est répertoriée par l’OMS dans la classification internationale des maladies (CIM10) sous la rubrique T78-4 dont le titre est « Allergie, sans précision : hypersensibilité, idiosyncrasie, réaction allergique ». Comme les syndromes de fibromyalgie ou de fatigue chronique il est défini par une association de symptômes mais la définition en est moins précise. Comme tous les syndromes faisant partie des pathologies neurofonctionnelles elle est souvent confondue avec une dépression. Les médicaments antiallergiques ont peu d’impact. La cortisone apporte parfois un soulagement immédiat, mais cette molécule expose à beaucoup d’effets secondaires : perte de la masse musculaire, ostéoporose, fragilisation cutanée, diminution des défenses immunitaires, troubles de mémoire, dépression, fuite du magnésium et du potassium. On doit donc éviter la cortisone et autre corticoïdes dans cette affection. La plupart des médicaments sont reconnus comme des agresseurs chimiques, ils aggravent donc aussi le tableau clinique.

•Les critères de Cullen 1987

Le Docteur Mark Cullen professeur de médecine et d’épidémiologie a établi 7 critères pour le diagnostic de MCS
1.Il s’agit d’un trouble acquis lié à des expositions environnementales documentées, des agressions ou souffrance
2.Les symptômes concernent plus d’un organe ou système
3.Les symptômes apparaissent ou diminuent en fonction de l’exposition à des stimuli définis
4.Les symptômes sont provoqués par l’exposition à des produits chimiques de classes différentes et ayant des toxicologies différentes
5.Les symptômes sont déclenchés par des expositions démontrables (même si le stimuli peut être extrêmement faible)
6.Les expositions qui déclenchent des symptômes sont très faibles. En tout cas nettement inférieures à celles qui déclenchent des symptômes dans la population standard.
7.Aucun test d’organe traditionnellement utilisé n’explique les symptômes
 

En 1989 un groupe de 89 médecins, scientifiques et chercheurs spécialisés dans l’hypersensibilité chimique multiple se sont réunis aux états unis pour proposer une définition clinique normalisée. Un sixième critère a été ajouté en 1999 (1). Depuis ces critères n’ont pas été remis en question dans les publications médicales mais ils ne bénéficient pas d’une reconnaissance officielle. Ces critères servent tout de même pour les scientifiques s’intéressant à ce sujet.

Les critères sont :

Les symptômes sont reproductibles avec expositions répétées aux produits chimiques.

La condition est chronique.

De faibles niveaux d'exposition [plus bas que précédemment ou communément tolérés] résultent en des manifestations des symptômes.

Les symptômes s'atténuent ou disparaissent lorsque les irritants sont supprimés.

On constate des réactions à de multiples substances non reliées chimiquement.

[Ajouté en 1999]: Les symptômes impliquent plusieurs systèmes d’organes.

De plus, quatre symptômes neurologiques spécifiques ont été découverts pour différentier la plupart des patients dans une étude par une unité de recherche sur l’hypersensibilité environnementale de l’université de Toronto (2)

Avoir un sens de l'odorat plus élevé que la normale.

Avoir de la difficulté à se concentrer.

Avoir la sensation d’être étourdi ou sonné.

Avoir la sensation de planer.

 

L’hypersensibilité chimique est fréquente : selon une étude portant sur 1582 habitants de la ville d’Atlanta (USA) 12.6% des personnes ont déclaré être hypersensibles à des produits chimiques courants (3). Auparavant on estimait que 15% des américains souffraient d’hypersensibilité chimique à des produits courants1,8% de l’ensemble du groupe a perdu son emploi en raison de l’hypersensibilité chimique.  

La prise en charge est longue, elle le sera d’autant plus qu’il existe un isolement social et une perte d’emploi. Elle repose sur une stratégie prenant en compte 4 points capitaux. 

Un accompagnement et des traitements adaptés aux phases. Pour bien gérer des maladies chroniques, il faut tenir compte du temps lui même, de l'évolution de la réalité et de la perception qu'ont les patients de leur maladie chronique et l'évolution des interventions requises à mesure que le temps passe. L’objectif est de parvenir à des changements de vie réels dans tous les domaines de la vie d'un patient (tout au moins ceux touchés par sa maladie). Ceci nécessite un modèle de traitement chronique clinique en plus d'une approche de gestion de cas par phases. (4) Pour en savoir plus lisez et relisez les articles concernant la gestion de cas dans les numéros 2 et 3 de Santé Intégrative

Le terrain hypersensible :

Certains déficits en minéraux ou vitamines mènent à l’hypersensibilité. C’est surtout le cas pour le magnésium et la vitamine B1. L’évaluation de l’état nutritionnel est incontournable.

Un consensus existe sur l’importance du travail psychologique pour toutes les pathologies neurofonctionnelles toutefois les résultats sont très variables d’une technique à l’autre. Il est clair qu’une prise de conscience comme c’est le cas dans les thérapies de soutien ou analytique est nécessaire mais pas suffisante. Dans l’histoire de ces patients les traumatismes récents ou se situant après l’âge de deux ans peuvent être assimilés à des répliques d’un séisme initial. Celui-ci est souvent passé inaperçu car il se situe à une période de la vie non mémorisée dans la conscience que l’on qualifie de préverbale entre la conception et l’âge du début de la parole vers deux ans. On peut recourir à des thérapies émotionnelles de type rêve éveillé libre, rebirth, constellation familiales, sophromnésie pour aider à l’intégration des souffrances liées à ces traumatismes archaïques. Toutefois comme Jacques Salomé l’a déjà exprimé « on n’efface pas ce type de souffrance, on apprend à vivre avec ».

Les facteurs internes d’hypersensibilité 

Ceux-ci sont certainement nombreux il faut toutefois en identifier 2 principaux. L’état intestinal et le stress oxydatif.

L’intestin est essentiel car il s’agit d’une zone de rencontre avec l’environnement et que c’est là que la plus grande partie du système immunitaire développe sa maturation.

Le stress oxydatif est la résultante de la production par nos cellules de molécules oxydantes et de nos capacités antioxydantes. Le professeur Pall dans son modèle sur le cycle NO/ONOO (5) a bien expliqué le cercle vicieux qui se met en place dans ce syndrome comme dans la fibromyalgie ou le syndrome de fatigue chronique. Pour mieux comprendre relire les articles consacrés à ce sujet dans les numéros 9, 10, 11, 12, 13 de Santé Intégrative.

Amélioration de la tolérance :

Dans toutes les maladies ou syndromes d’hypersensibilité, le comportement instinctif est l’évitement ou l’éloignement des éléments déclenchant les réactions d’hypersensibilité. A court terme cette attitude est compréhensive et parfois salvatrice. A moyen et à long terme il n’en est pas de même car la cause de l’hypersensibilité n’est pas extérieure mais interne. En s’isolant de plus en plus on s’expose à de moins en moins d’éléments extérieurs, mais ceux auxquels on continue de s’exposer risque de devenir des allergènes. Que ce soit physiquement ou psychologiquement l’évitement n’est donc pas une fin en soi. Certaines techniques permettent une réintroduction progressive ou de rééduquer la tolérance : Méthode Naet, techniques de réadaptation progressive type Thérapie cognitive et comportementale, méthode Vittoz. Ces techniques seront d’autant plus efficaces que les causes internes auront été améliorées ou résolues.

 La prise en charge intégrative, globale, cohérente est le seul moyen de progresser dans l’hypersensibilité chimique multiple. Sinon, le risque est une évolution vers un isolement social professionnel et affectif et une situation de handicap gravissime.

L’association SOSMCS regroupe les informations et les conseils pour les patients souffrant d’hypersensibilité chimique multiple : SOSMCS 4, rue Saint Exupéry 69300 Caluire et Cuire 04 72 27 15 24 www.sosmcs.org

 

 

1.Bartha et al. Archives of Environmental Health, May/June 1999; 54(3): 147-9; Based on: Nethercott JR, Davidoff LL, Curbow B, et al. Multiple chemical sensitivities syndrome: toward a working case definition. Arch Environ Health 1993;48:19-26

2. McKeown-Eyssen GE, Baines CJ, Marshall LM, et al. Multiple Chemical Sensitivity: Discriminant validity of case definitions; Arch Environ Health, 2001; 56(5):406–12)

3. Steinemann, A. and Caress, S. "A Review of a Two-Phase Population Study of Multiple Chemical Sensitivities." Environmental Health Perspectives 111(12): 1490-1497, 2003.

4. Fennell, P.A. Chronic Illness. In: Oxford Encyclopedia of Social Work, 20th Edition. Terry Mizrahi and Larry E. Davis, editors.

5. Pr Pall, Explaining « Unexplained Illnesses »

 

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Association de Recherche sur les Troubles Neurofonctionnels et la Spasmophilie | arts.association@orange.fr