Accueil
Les fibromyalgies
académie de médecine
QIF
articles et sites
Synd. fatigue chron.
Hypersens. chimique
Syndromes associés
Statuts - Bureau
Réunions annuelles
Diplôme Universit.
Liens privilégiés
Liens à l'étranger
sites surprenants!
Contact
Histoire
annuaires
Vidéos  à voir
Sondage

Fibromyalgies

 

Le concept de «fibrositis», correspondant à un état douloureux chronique, proposé par Gowers en 1904, est resté longtemps très discuté et considéré comme la simple traduction d'un désordre psychologique. Après avoir été une affection rhumatologique puis neurologique ? on s’oriente aujourd’hui vers un dysfonctionnement neuro-immuno-endocrinologique d’un terrain prédisposé que l’on peut qualifier d’hypersensible ou terrain spasmophile.

Le choix du mot

 

Le syndrome polyalgique idiopathique diffus ou SPID, le syndrome de tension musculaire allergique et bien d’autres termes ont été inventés pour étiqueter cette curieuse maladie. Le terme fibromyalgie apparaît pour la première fois en 1976 dans une publication de P.K. Hench. Il est impossible de déterminer s’il existait des personnes souffrant de fibromyalgie avant le vingtième siècle, certains retrouvent une partie de sa description dans le conte d’Andersen : la princesse au petit pois.

 

Une définition précise

Après plusieurs définitions japonaises, françaises  ou américaines ? un consensus s’est établi autour des critères fixés en 1990 par l’American College of Rhumatology (ACR) : Douleurs   spontanées diffuses bilatérales à prédominance axiale, évoluant depuis plus de 3 mois, associées à un minimum de 11 points douloureux provoqués sur  18 (cf. schéma).

En 1992 , cette définition est présentée lors de la déclaration consensuelle de Copenhague et l’organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît la fibromyalgie, on l’incorpore dans la dixième révision de la Classification internationale des maladies (CIM ) au  chapitre du groupe  des  maladies non articulaires rhumatismales de cause inconnue sous le code alphanumérique M79-0

En 2010 Une réunion de consensus de l'American college of Rheumatology a proposé une nouvelle grille pour le diagnostic. Vous pouvez télécharger la traduction Française : ACR2

 

 

Des chiffres

Malgré les nombreuses descriptions cliniques effectuées depuis plus de cent ans ? on assiste encore à des débats sans fin entre les partisans de l’existence des fibromyalgie et les adversaires à la création d’une nouvelle entité nosologique. Cette définition symptomatique sans physiopathologie précisée a rendu et rend encore sa reconnaissance très difficile. On estime que 2% de la population américaine et 350 000 personnes en France souffrent de fibromyalgie.

 

Ce syndrome touche plus les femmes que les hommes les chiffres sont très variable ? allant d’une affection presque exclusivement féminine à une répartition de 2 femmes pour un homme.

 

 

Les douleurs

Ce sont des douleurs d'évolution chronique localisées en de nombreuses régions de l’appareil musculo-squelettique et, notamment, les muscles, les ligaments, les insertions tendineuses et certaines protubérances osseuses. Les douleurs prédominent souvent au niveau des ceintures scapulaire et pelvienne mais elles peuvent aussi être localisées dans toutes zones de l’organisme. Elles sont exacerbées par la pression locale et influencée ? par toute une série de facteurs dont : la température et l'humidité ambiantes, les modifications de l'humeur et l'activité physique. Le plus souvent considérée comme bénigne ? on estime aujourd’hui QUE la fibromyalgie débouche sur autant d’invalidité que la polyarthrite rhumatoïde.

 

Les troubles associés

A la douleur s'associent le plus souvent des troubles du sommeil, une fatigue matinale, des céphalées, des migraines, mais aussi une intolérance au froid ou à la chaleur, des fourmillements des extrémités, des extrémités refroidies, un syndrome de Raynaud, une hypotension orthostatique et, également, un côlon irritable, une vessie irritable, des troubles temporo‑maxillaires, des troubles orthoptiques.

 

Les troubles du sommeil consistent essentiellement en un sommeil non réparateur, fragmenté de nombreux réveils. Sur l’EEG, il existe des perturbations du sommeil lent profond avec intrusion d'ondes alfa rapides au milieu d'ondes delta lentes.

 

La fatigue est une plainte majeure. Les gestes de la vie courante, la station debout sont pénibles. Elle existe depuis plus de six mois. C'est une fatigabilité à l'effort, ne cédant pas au repos. On remarque qu'elle ne s'accompagne pas de perte de l'élan vital : il persiste une envie de profiter des plaisirs de la vie, d'entreprendre, mais gênée par l'asthénie.

 

Comme c’est trop souvent le cas, les incertitudes concernant le ou les mécanismes physiopathologiques, freinent la compréhension et par conséquence l’acceptation de cette maladie. Personne ne peut nier l’existence de personnes souffrant de façon chronique et diffuse, n’appartenant à aucun groupe de maladie « traditionnelle ». L’invalidité et la gêne fonctionnelle sont aussi importantes que celles occasionnées par une polyarthrite rhumatoïde.

 

 

L'origine

Beaucoup en font encore une maladie psychiatrique hystériforme ou forme clinique de dépression masquée. Pourtant, de nombreux travaux ont prouvé que ces hypothèses n’étaient pas fondées. Il n’existe pas plus de troubles névrotiques chez ces personnes que dans le reste de la population. Les médicaments psychotropes ont d’ailleurs peu ou pas d’action sur les douleurs ressenties même s’ils permettent d’améliorer le sommeil ou la souffrance psychologique consécutive à cet état. Certains patients souffrent de dépression, cela est dû le plus souvent à une absence de prise en charge médicale et sociale de leur état associée au refus de la reconnaissance des douleurs et du handicap.

 

Bien que classée en 1992 comme maladie rhumatismale, les « anti-fibromyalgie » demeurent actifs en particulier au niveau des compagnies d’assurance et des médecins inspecteurs de la sécurité sociale. Il leur est difficile d’accepter une catégorie de patients  confrontés  à une invalidité importante sans qu’il soit possible de trouver un signe objectif, consensuel,  biologique ou somatique.  Il est plus facile de nier la maladie et de refuser les prestations auxquelles ont droit ces personnes.

Pour comprendre cette maladie il faut remonter le temps et l’histoire du patient. Toutes les personnes concernées présentent un terrain spasmophile, cette entité définie par un questionnaire précis validé par les associations Spasmophilie et Sérénité et par l’Association de Recherche sur les Troubles neurofonctionnels et la Spasmophilie , est très répandue dans la population. Fort heureusement, les millions de personnes concernées par le terrain spasmophile ne développeront pas un jour une fibromyalgie. L’identification de ce terrain hypersensible avec décompensation dans une forme douloureuse intense chronique et généralisée est multifactorielle. Pour comprendre la physiopathologie, il suffit de reprendre l’origine des maladies en général c'est-à-dire une surcharge d’agressions tant physiques que psychologiques.

 

 

 

Le diagnostic est d'emblée évoqué par l’interrogatoire, il nécessite un examen clinique pour éliminer une autre pathologie et pour palper les points caractéristiques. Quelques examens complémentaires seront pratiqués pour éliminer une pathologie dégénérative, inflammatoire et/ou auto-immune, une carence en vitamine D et une pathologie thyroïdienne. De l'examen initial dépend la confiance qu’accordera le ou la patiente à son thérapeute. Le nomadisme médical est le plus souvent secondaire au manque d’écoute et à la méconnaissance de cette affection.

 

Que faire

 

 

 

Que faire face à un patient souffrant de fibromyalgie ? Dans un premier temps il semble essentiel que le patient comme son ou ses thérapeutes effectuent un travail d’acceptation sur la fibromyalgie et la souffrance. Après une phase d’explication de la maladie, l’espoir d’amélioration réside dans une prise en charge médicale et psychologique intégrative neuro-immuno-endocrinologique.  

Un jour, peut être, une prévention à travers le dépistage des personnes hypersensibles ou spasmophiles permettra d’éviter l’entrée dans cette affection chronique invalidante.

 

Top
Association de Recherche sur les Troubles Neurofonctionnels et la Spasmophilie | arts.association@orange.fr